Droite :
ANAP, Parti de la mère patrie (Anavatan partisi) : il représente une droite plutôt urbaine et libérale, mais il comprend aussi des courants conservateurs issus des milieux islamistes et ultra nationaliste d’avant 1980. C’est le parti de l’ancien président Turgut Özal, en 1983, l’année de sa fondation, il attirait à lui 45 % des suffrages, il s’est peu à peu étiolé au profit de son rival, puis d’autre formations. En 1999, il n’a obtenu que 13,2 % des voix, contre 19,6 % en 1995. Il avait dans les années 1980, dirigé la plupart des grandes villes turques, il ne lui reste plus que Samsun et Adana. Avec moins de 5,1 % des voix, l'ANAP n'est plus représenté à l'assemblée.
http://www.anap.org.tr/
DYP, Partie de la juste voie (Dogru yol partisi) : conservateur et traditionaliste, il attire un électorat plutôt rural, malgré l’image de sa dirigeante Tansu Çiller qui dirigeât le pays de 1993 à 1996, puis s’est allié aux islamistes. Le parti fondé en 1983 par Süleyman Demirel (chef historique de la droite turque) attirait un quart des voix à la fin des années 1980, il ne pèse plus aujourd’hui que 9,6 % de l’électorat et n'est plus représenté à l'assemblée.
http://www.dyp.org.tr/
DTP, Parti de la Turquie démocratique : petit mouvement conservateur fondé par des proches de l'ancien président Süleyman Demirel. Son chef est un jeune diplomate, Mehmet Ali Bayar.
http://www.dtp.org.tr/
GP, Parti de la jeunesse (Genç Partisi) : parti populiste fondé en 2002 par un jeune chef d'entreprise qui se prend pour un Berlusconi turc. Cem Uzan (né en 1960) est propriétaire de trois chaînes de télévisions (Star, Canal6 et Kral) et du quotidien Star. Patron de Telsim, une des principales sociétés turques de téléphonie mobile, Cem Uzan est notamment accusé par la justice américaine d'opérations frauduleuses aux dépens de Motorola qu'il aurait escroqué de quelque 2 milliards de dollars. La société finlandaise Nokia a été victime d'une arnaque similaire évaluée à 1 milliard de dollars... Avec son discours simpliste, il a obtenu 7,2 % en novembre 2002.
Extrême-droite :
MHP, Parti d’action nationaliste (Milliyetci hareket partisi) : parti ultra nationaliste aux tendances fascisantes, il a été fondé (sous un autre nom) par le colonel Türkes (le vieux leader de l’extrême droite turque décédé en 1997). Son organisation de jeunesse, « les Loups gris » est très virulente envers les Kurdes et la minorité religieuse alévie. Les ülkücüs (militant du MHP) sont nombreux dans les rangs de l’administration, surtout dans la police. Parmi les anciens ülkücüs, on peut citer Mehmet Ali Agça, qui tenta d’assassiner le Pape en 1982, Alattin Cakici, un mafieux notoire emprisonné en France depuis 1999… D’abord laïque, cette extrême droite a aujourd’hui de plus en plus de liens avec les milieux islamistes radicaux. Son dirigeant, Devlet Bahçeli, veut aujourd’hui incarner un nationalisme moderne, mais le discours du MHP conserve ses accents xénophobes et autoritaires. Le parti d’action nationaliste est très réservé à l’égard de l’Europe et continue de prôner le rapprochement de tous les turcophones de la Chine aux Balkans. Le MHP a obtenu 18,1 % aux législatives de 1999, contre 8,2 % en 1995. Il a séduit beaucoup d’électeurs du parti islamiste menacé d’interdiction, ainsi que des déçus de la droite. Devlet Bahçeli était le numéro deux du gouvernement Ecevit (1999-2002). Son rôle à la tête du parti est remis en cause par le score du MHP aux législatives du 4 novembre 2002 : 8,3 % des voix, soit son résultat de 1995. Le parti a quitté l'assemblée.
http://www.mhp.org.tr/
Partis islamistes :
AKP, Parti Justice et développement (Adalet ve Kalkinma Partisi) : parti « islamiste modéré » ou « démocrate-musulman » de création récente et dont la popularité est croissante. Cette formation, actuellement au pouvoir, est dirigée par Recep Tayyip Erdogan, l'ancien maire d'Istanbul, devenu Premier ministre en 2003. Avec 34,2 % des suffrages, l'AKP a remporté près des deux tiers des sièges de l'assemblée en novembre 2002. Les municipales de mars 2004 ont conforté sa position de premier parti turc : 42 % des voix.
http://www.akparti.org.tr/
Parti de la félicité (Saadet) : parti musulman traditionaliste fondé en juillet 2001 par des proche de Necmettin Erbakan, le leader historique du courrant islamiste turc, après la dissolution du parti de la vertu en juin 2001. Avec 2,5 % des suffrages, il n'a eu aucun élu en 2002.
http://www.sp.org.tr/
FP, Parti de la vertu (Fazilet partisi) : fondé en décembre 1997 pour remplacer le Refah a été, à son tour, interdit en juin 2001. Les traditionalistes ont fondé le Saadet et les moderniste l'AKP. Le Fazilet avait perdu en 1999, la place de premier parti de Turquie acquise en 1995 en ne recueillant que 15,3 % des voix. En 1994, il avait conquis les mairies des plus grandes villes turques notamment Ankara et Istanbul, ainsi que ses fiefs traditionnels de l’Anatolie centrale (Konya, Kayseri…) et orientale.
BBP, Parti de la grande union (Büyük birlik partisi) : formation islamiste d’extrême droite fondée en 1996 et dirigée par Muhsin Yazicioglu. Son influence est limitée : 1,4 % des voix en 1999. En 1995, il avait fait élire 7 députés sous l’étiquette de l’ANAP, ceux-ci ont repris ensuite leur indépendance et voté l’investiture de N. Erbakan en juillet 1996. En 2002, il a obtenu 1,1 % des suffrages.
http://www.bbp.org.tr/
Gauche :
CHP, Parti républicain du peuple (Cumhuriyet halk partisi) : longtemps il a représenté la gauche contre l’ordre établi, mais sa participation à des gouvernements conservateurs de 1991 à 1995 lui a fait perdre de nombreux militants et électeurs. En 1995, il franchissait tout juste la barre des 10 % et en 1999, avec 8,7 % des voix, le parti fondé par Atatürk (sous un autre nom) n’était même plus représenté au parlement. À la fin des années 1980, il avait atteint le score de 28 % (municipales de 1989). Son dirigeant Deniz Baykal, tente aujourd’hui d’en modifier l’image en militant pour plus de démocratie et la reconnaissance de droits culturels aux Kurdes. Le CHP appartient à l’Internationale socialiste. Les élections de novembre 2002 lui ont permis un retour triomphal à l'assemblée avec 19,4 % des suffrages et plus d'un tiers des sièges (178). Son influence se tasse un peu : 18 % aux municipale de mars 2004, mais le CHP demeure le premier parti d'opposition.
http://www.chp.org.tr/
DSP, Parti de la gauche démocratique (Democratik sol partisi) : parti de gauche aux accents nationalistes, fondé en 1985 et dirigé par Bülent Ecevit et son épouse, Rahsan, depuis 1987. Au départ simple dissidence du CHP, il s’est imposé un temps comme la principale formation de la gauche (en 1995) puis de la Turquie : avec 22,1 %, le DSP est arrivé en tête aux législatives d’avril 1999. Il a participé au gouvernement de 1997 à 2002 et a subi fortement l'usure du pouvoir. Son effondrement a été total, avec moins de 1,2 % des voix en novembre 2002, il n'est plus représenté à l'assemblée. Il reste implanté à l’ouest du pays, il dirige notamment les villes de Bursa et d’Izmir.
YTP, Parti de la nouvelle Turquie : fondé en 2002 par des dissidents du DSP. Il est dirigé par l'ancien ministre des affaires étrangères, Ismaïl Cem. Son score n'a été que 1 % des voix en novembre 2002.
TKEP, Parti communiste des travailleurs turcs (Türkiye komünist Emek Partisi) : interdit depuis 1937, ses militants sont clandestins (ou vivent en exil). Ils sont nombreux parmi les victimes de la répression policière. En septembre 1999, dix de ses membres ont été tués dans la prison centrale d’Ankara.
http://www.tkp.org.tr/index.php?kat=585&yazi=716
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