Militantisme

Les Belges opposés à une Europe XXL

 

Selon un sondage "Eurobaromètre" réalisé entre le 6 septembre et le 10 octobre à la demande de la Commission européenne, une majorité de Belges (51 %) se déclare hostile aux élargissements futurs de l'Union européenne. Un chiffre en augmentation de 6 % par rapport au sondage de l'automne 2005.

A 61 %, les Belges répondent également par non lorsqu'il leur est demandé si la Turquie doit intégrer l'Union. La crainte d'un encouragement à l'immigration est avancée par 69 % des personnes interrogées sur les raisons qui les incitent à vouloir fermer la porte à Ankara. Par ailleurs, 81 % des Belges estiment qu'une Constitution "est un acte nécessaire pour assurer le bon fonctionnement des institutions" et, à 66 %, que le traité européen devrait être "renégocié".

Selon ce sondage Eurobaromètre, à paraître la semaine prochaine, les Belges se situent désormais en 7e position parmi les Etats membres les plus fortement opposés à un futur élargissement de l'Union européenne. (belga)

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Zoom sur la presse turque

Samedi 12 novembre 2005

L’onde de choc créée par les troubles survenus ces deux dernières semaines en France s’est répercutée jusqu’en Turquie, où le Premier ministre a établi un lien de causalité entre ces troubles et la loi sur l’interdiction du port du voile. Dans un entretien accordé au quotidien Milliyet, M. Erdogan a estimé que cette loi avait contribué à créer chez les immigrés « un sentiment d’exclusion », qui a débouché sur des violences. « Nous avons toujours soutenu le principe de l’alliance entre les civilisations islamique et occidentale. Et nous avons toujours tenté d’expliquer en quoi l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne était importante à cet égard. Mais certains ne veulent pas le comprendre, et en premier lieu les Français », a déclaré le chef du gouvernement turc à Milliyet.
La France a réagi aux déclarations du Premier ministre turc. Comme le rapporte le Turkish Daily News, le chef du gouvernement Dominique de Villepin a démenti qu’un lien direct puisse exister entre la loi sur le voile et les troubles de ces deux dernières semaines.
En Turquie, l’opposition n’a pas apprécié les propos du Premier ministre. Deniz Baykal, le leader du principal parti d’opposition, le CHP, a estimé selon Milliyet que les analyses de M. Erdogan étaient « aussi erronées que dangereuses ». « Tout d’abord, a souligné M. Baykal, le jugement porté par M. Erdogan est un exemple d’une attitude superficielle, et cela montre qu’il est obsédé par le voile. Or, il y a de véritables raisons, très importantes, à la situation actuelle en France : les inégalités économiques et sociales, la distribution injuste des revenus, le manque d’égalité des chances, les discriminations, ainsi que les trafics d’êtres humains et de drogue. Mais si le Premier ministre lie cette situation au port du voile, c’est parce qu’il ne peut s’empêcher de penser à cette question. »
Dans la presse, certains chroniqueurs partagent cet avis. Güngör Mengi, du quotidien Vatan, pense lui aussi que M. Erdogan est obsédé par la question du voile, car « il l’évoque partout où il se rend ». L’analyse de M. Erdogan « n’est guère convaincante », écrit-il, indiquant qu’« aucun journal français n’a avancé la loi sur l’interdiction du port du voile pour expliquer les émeutes de ces deux dernières semaines ».
Personnellement mis en cause, le Premier ministre turc a alors voulu clarifier sa position, soulignant qu’il n’avait jamais prétendu que les événements survenus en France étaient dus à la seule loi sur le voile. « Des événements à dimension sociologique comme les émeutes à Paris sont trop complexes pour réduire leur explication à une seule cause », a commenté M. Erdogan au Parlement, lors d’une réunion de sa formation, l’AKP. « Mais j’ai bien dit que l’interdiction du port du voile était l’un des facteurs responsables de la situation actuelle », a-t-il néanmoins ajouté. Il a appelé à étudier attentivement les causes de la violence en France, faisant remarquer que « le racisme, la discrimination et l’irrespect de la religion et des traditions » avaient entraîné des conséquences douloureuses, dans l’histoire, pour l’humanité.
Le Premier ministre turc a assorti cette mise au point d’un appel aux Turcs de la Diaspora, pour les presser de se tenir à l’écart de ces événements. « Je demande aux quatre millions et demi de Turcs vivant en Europe d’agir avec bon sens et maturité. Détruire ou incendier ne peut être un moyen de respecter les droits de l’homme », a-t-il dit.
M. Erdogan en a profité pour demander aux Turcs vivant en Europe d’améliorer leur intégration dans les pays d’accueil. « Les Turcs doivent participer activement à la vie politique et sociale des pays dans lesquels ils vivent. Ils doivent être partie intégrante des sociétés européennes, tout en protégeant leurs propres valeurs. »
La presse turque s’attarde abondamment sur les troubles survenus dans les banlieues parisiennes. Des troubles qui ont inspiré au quotidien Yeni Shafak une manchette porteuse d’une célèbre réminiscence historique : « L’homme malade de l’Europe », a en effet titré le journal pro-gouvernemental, aux yeux duquel les « révoltes » des banlieues parisiennes « révèlent le mal » dont souffre la France. « Les experts disent que le modèle social façonné par le gouvernement français, basé sur la discrimination et l’anti-islamisme, s’est effondré, affirme le quotidien turc. Les experts soulignent que les politiques d’intégration et d’immigration suivies par le gouvernement français ont échoué, notant que la révolte actuelle en région parisienne trouve sa source dans le chômage, l’immigration à grande échelle, la discrimination et le manque de logements salubres. » Et le journal de conclure sur « la situation difficile » dans laquelle se retrouve le ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, « le candidat le plus populaire pour les élections présidentielles de 2007 ».
Pour Ferai Tinç, de Hürriyet, « les rebelles mécontents sont les enfants des familles d’immigrés musulmans ». Soulignant que la France « abrite, avec environ cinq millions de Musulmans, la plus grande population musulmane en Europe », Ferai Tinç écrit que « la majorité des rebelles sont des Nord-Africains, auxquels s’ajoutent des Turcs et des Arabes ». Au chapitre des causes, Hürriyet cite « la pauvreté et le désespoir » générés par le chômage, « de sérieux problèmes qui ont poussé les jeunes Musulmans des banlieues à la violence ». Ferai Tinç note que pour Nicolas Sarkozy, ce sont « les dealers et les mouvements islamistes radicaux » qui sont à l’origine des incidents. Pour Ferai Tinç, « le 11 septembre et la guerre en Irak ont rendu la vie des Musulmans plus difficile non seulement aux Etats-Unis, mais aussi en Europe. Les premières cibles en Europe du racisme et de la xénophobie dus aux problèmes économiques sont les Musulmans, communément perçus comme des criminels potentiels ». Hürriyet, enfin, voit dans les discussions sur l’intégration d’une Turquie musulmane en Europe une explication aux troubles survenus en banlieue parisienne. Ces débats ont « ouvert la voie à une discrimination contre les Musulmans en Europe », estime Ferai Tinç.
Plus nuancé, Selçuk Gültasli, dans Zaman, commente les violences dans les termes suivants : « Je ne prétends pas qu’il faille chercher la cause des violences actuelles en France dans la position prise par l’Union européenne à l’égard de la Turquie. Ce que je dis, c’est que les Musulmans de France ont suivi des débats sur la Turquie, qui ont eu lieu nuit et jour avant le référendum sur la Constitution européenne. Ils ont bien vu que les débats étaient centrés sur la religion et l’identité de la Turquie. »
Pour Güngör Mengi, de Vatan, certains craignent un phénomène de contagion vers d’autres pays d’Europe, notamment en Allemagne, en Belgique et aux Pays-Bas, où l’on constate « les mêmes problèmes qui ont poussé les jeunes immigrés de France à se révolter ». Güngör Mengi souligne que les jeunes immigrés ont affirmé qu’ils n’étaient ni organisés ni manipulés par qui que ce soit, mais qu’ils ont été poussés à la violence par l’attitude de Nicolas Sarkozy.

EN BREF…


- L’administration Bush ne soutient pas les deux résolutions sur la reconnaissance du génocide arménien adoptées le 15 septembre dernier par la Commission des Relations internationales du Congrès américain. Tel est le message délivré à Vural Cengiz, le directeur de l’Assemblée des Associations turco-américaines, par le Bureau des Affaires du Sud-Est européen au sein du Département d’Etat. « Les Etats-Unis soutiennent les discussions entre les universitaires, les diplomates et les sociétés civiles sur cette question, ainsi que le dialogue économique et politique entre la Turquie et l’Arménie », lit-on dans le courrier, selon l’agence Anatolie. Pour le Turkish Daily News, l’on ne sait toujours pas quand ces deux résolutions seront mises à l’ordre du jour de la séance plénière de la Chambre des Représentants. Une décision, souligne le quotidien turc, qui relève de son président Dennis Hastert.

Par Famagouste
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Lundi 28 novembre 2005

Les médias turcs s’indignent des déclarations faites par le président grec durant la visite d’Etat de trois jours que Robert Kotcharian achève aujourd’hui à Athènes.
Dans un article titré « Athènes et Erevan main dans la main », le quotidien Hurryet rappelle ainsi que le président Papoulias a déclaré que « l’Arménie a comme la Grèce, un voisin difficile, la Turquie », ajoutant « l’Arménie est sans doute le pays qui comprend le mieux les problèmes rencontrés dans les relations greco-turques ». Le quotidien Radikal souligne lui que le président Kotcharian n’a tout simplement pas mentionné la Turquie lors de la conférence de presse donnée avec son homologue grec. Il a simplement remercié la Grèce pour son aide s’indigne ce journal turc qui mentionne d’autre part les propos du président grec lors du dîner donné en l’honneur de Robert Kotcharian : la Turquie doit se mettre en règle avec son passé et reconnaître les déportations et le génocide commis à l’encontre des Arméniens au siècle dernier a ainsi déclaré Karolos Papoulias.

Par Famagouste
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