Militantisme

Les Belges opposés à une Europe XXL

 

Selon un sondage "Eurobaromètre" réalisé entre le 6 septembre et le 10 octobre à la demande de la Commission européenne, une majorité de Belges (51 %) se déclare hostile aux élargissements futurs de l'Union européenne. Un chiffre en augmentation de 6 % par rapport au sondage de l'automne 2005.

A 61 %, les Belges répondent également par non lorsqu'il leur est demandé si la Turquie doit intégrer l'Union. La crainte d'un encouragement à l'immigration est avancée par 69 % des personnes interrogées sur les raisons qui les incitent à vouloir fermer la porte à Ankara. Par ailleurs, 81 % des Belges estiment qu'une Constitution "est un acte nécessaire pour assurer le bon fonctionnement des institutions" et, à 66 %, que le traité européen devrait être "renégocié".

Selon ce sondage Eurobaromètre, à paraître la semaine prochaine, les Belges se situent désormais en 7e position parmi les Etats membres les plus fortement opposés à un futur élargissement de l'Union européenne. (belga)

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Les Européens sceptiques sur l'élargissement, surtout vers la Turquie

La majorité des Européens sont sceptiques sur les bénéfices que l'UE pourrait tirer d'un nouvel élargissement, en particulier vers la Turquie dont ils rejettent toujours largement l'adhésion.

Selon la dernière enquête Eurobaromètre de la Commission européenne publiée vendredi, seuls 39% des Européens sont favorables à l'adhésion de la Turquie à l'UE, et 48% y sont opposés, même si Ankara remplissait les conditions posées par l'Union pour la rejoindre.

L'opposition la plus déterminée à cette éventuelle entrée de la Turquie, qui a commencé en octobre ses négociations d'adhésion à l'UE, vient toujours des Autrichiens (81% contre). Viennent ensuite les Allemands et les Luxembourgeois (69%), les Chypriotes (68%) et les Grecs (67%).

Les Français, souvent considérés comme très hostiles à la Turquie, n'arrivent qu'en 10e position avec 54% d'opinions défavorables, juste après les Belges (55%). Les Espagnols sont de leur côté les moins opposés avec 23%, devant les Polonais et les Maltais (31%).

Les Européens, qui ne soutiennent plus qu'à 45% le processus d'élargissement en général, sont en revanche plutôt favorables à l'arrivée des Balkans dans l'ensemble européen.

Ainsi, 56% soutiennent l'entrée de la Croatie qui a commencé en octobre des négociations d'adhésion et qui espère pouvoir devenir d'ici la fin de la décennie le 28e Etat membre, après l'entrée de Bulgarie et la Roumanie toujours prévue pour 2007.

49% soutiennent la Macédoine qui a obtenu en décembre le statut officiel de candidat, 48% sont favorables à l'entrée de la Bosnie-Herzégovine et 47% à celle de la Serbie-Monténégro, encore unifiée lors de la réalisation de ce sondage de mars à mai.

Seule l'Albanie, pourtant moins avancée sur la voie de l'UE que Sarajevo, Belgrade ou Podgorica, recueille plus d'opinions défavorables, avec 44% des personnes interrogées s'opposant à son intégration.

Mais quel que soit leur avis sur l'opportunité d'élargir l'Union, les Européens considèrent de toute façon que cet élargissement sera principalement dans l'intérêt des pays candidats et non dans celui de l'UE.

52% d'entre eux estiment ainsi que l'adhésion de la Turquie serait principalement dans l'intérêt des Turcs, 20% jugeant qu'elle serait d'un intérêt mutuel et seulement 7% qu'elle bénéficierait d'abord à l'UE.

Pour les Balkans, la répartition est assez similaire : 45% dans leur intérêt, 23% dans l'intérêt mutuel et 9% d'abord dans celui de l'Union.

Confrontée depuis des mois à la multiplication de ces signes d'hostilité ou de doute face à l'élargissement, l'UE, qui a décidé d'organiser un débat général sur ce sujet lors du Sommet européen de décembre, ne cesse de vanter les mérites de la vague d'élargissement de 2004 pour tenter d'en justifier la poursuite.

Les 25 et la Commission européenne ont d'ailleurs en partie convaincu leurs citoyens, qui reconnaissent certains effets bénéfiques comme la diversité culturelle, la paix et la stabilité ou le renforcement du rôle de l'UE sur la scène internationale.

Mais ces mêmes Européens, qui se sentent toujours mal informés (68%), sont en revanche beaucoup plus inquiets sur les aspects économiques et sociaux du processus.

75% d'entre eux craignent par exemple une augmentation des délocalisations et 73% s'attendent à l'afflux de travailleurs des futurs Etats membres sur leur marché du travail.

L'enquête de la Commission montre enfin le chemin difficile qui attend les dirigeants européens s'ils veulent faire changer d'avis leurs électeurs.

Les Européens estiment en effet que le meilleur moyen d'assurer le succès de l'élargissement est de bâtir "un projet politique clair pour l'Europe", alors que l'UE n'a toujours pas réussi à sortir de l'impasse dans laquelle se trouve le projet de Constitution européenne depuis plus d'un an.

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Lundi 5 février 2007

Le nouveau président du groupe du Parti populaire européen (PPE, droite), le Français Joseph Daul, s’est déclaré mercredi opposé "pour le moment" à l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne (UE).

"Pour le moment, je suis contre, à titre personnel, mais je ne suis pas contre qu’on ait les négociations, de toute façon elles sont là", a déclaré M. Daul au cours de sa première conférence de presse en tant que président du principal groupe du Parlement européen (277 députés sur 785).

"Ma vision personnelle est celle-là : ni l’Europe n’est prête actuellement, ni la Turquie n’est prête pour être intégrée dans l’UE", a-t-il expliqué.

"Je suis pour un accord privilégié très poussé avec la Turquie", a-t-il ajouté, rejoignant là-dessus son prédécesseur à la tête du PPE, l’Allemand Hans-Gert Poettering.

M. Daul a admis malgré tout que le processus de négociations avec Ankara puisse aboutir à une "intégration européenne après-demain, pourquoi pas".

La Turquie a commencé en octobre 2005 des pourparlers d’adhésion à l’UE, qui pourraient durer au moins dix ou quinze ans. Ces négociations ont été partiellement suspendues en décembre.

Au Parlement européen, la question de l’adhésion turque à l’UE dépasse les divisions partisanes. Le PPE est cependant globalement favorable à un "partenariat privilégié" avec Ankara, plutôt qu’à une adhésion pleine et entière de ce pays à l’UE.

Par ailleurs, pressé par les journalistes qui insistaient pour savoir s’il considérait l’UE comme "un club chrétien" ou non, M. Daul a prôné une cohabitation "en harmonie" entre chrétiens et non-chrétiens.

"Je suis un catholique pratiquant (...) donc pour moi, les valeurs chrétiennes sont très importantes", a-t-il déclaré. "Je ne renie pas le christianisme au niveau de l’Europe, c’est notre culture, nos valeurs, donc on ne va pas les rejeter. Mais le christianisme et les valeurs de l’Europe sont également faits pour vivre en bonne harmonie avec tout ce qui se passe autour de nous", a-t-il ajouté.

M. Daul a été élu mardi à la tête du groupe PPE en remplacement de M. Poettering qui devrait lui être élu la semaine prochaine président du Parlement européen, en remplacement du socialiste espagnol Josep Borrell.

Par Famagouste - Publié dans : Dans la presse
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Mercredi 31 janvier 2007
Dix jours après l'assassinat, le 19 janvier, de Hrant Dink, qui suscita en Turquie une vague de solidarité sans précédent avec son combat pour le dialogue arméno-turc, ce sont les réactions des nationalistes dans le "pays profond" et les ombres dans l'enquête qui font débat dans le pays. Furieux du slogan "Nous sommes tous des Arméniens" inscrit sur des milliers de pancartes brandies parmi les 100 000 personnes qui ont suivi les funérailles du journaliste, les tenants de "la Turquie aux Turcs" se sont, à leur tour, manifestés.

 

A Trabzon (l'ancienne Trébizonde), la ville du jeune assassin et de ses complices présumés, le match de football dominical a rempli le stade de porteurs de banderoles proclamant "Nous sommes tous turcs, nous sommes tous Mustafa Kemal" ou "Je suis turc, je suis droit, je suis de Trabzon". Leur slogan, "les martyrs ne meurent pas, l'unité du pays est éternelle", était un clair soutien à la dizaine d'inculpés issus de leur ville.

Ailleurs, des groupes de fans ont manifesté de même. A Izmir, un ancien sergent a pris en otage les passagers d'un ferry avec de faux explosifs, disant protester contre les slogans pro-arméniens. Arrêté, il a crié aux journalistes : "J'ai fait cela pour la patrie." Un des inculpés pour l'assassinat de Hrant Dink avait déjà été montré à la télé hurlant "Orhan Pamuk, prends garde !" - une menace contre le Prix Nobel de littérature, "coupable", comme Hrant Dink, de parler de génocide arménien.

Les médias turcs, comme dégrisés après leur couverture exceptionnelle des condamnations du crime qui ont semblé, au début, unanimes, ont fait bonne place à ces "contre-réactions". En pêchant peut-être par pessimisme après un excès d'optimisme. Selon l'universitaire Cengiz Aktar, "la foule qui a suivi le cercueil de Dink - ceux qui partagent sa vision du monde humaniste, démocrate et ouverte - est une espèce en voie de disparition". Il parle pourtant de "société civile naissante" en Turquie, mais rappelle qu'elle a encore besoin, pour avancer, d'appuis du pouvoir.

 

"ETAT PROFOND"

 

Or le gouvernement qui, en cette année électorale, surfe sur la vague nationaliste issue de la déception européenne, n'a pas embrayé sur le sursaut civil provoqué par le meurtre : ses chefs n'ont pas assisté aux funérailles, ne veulent toujours pas annuler l'article 301 du code pénal qui punit l'"insulte à l'identité turque" et aborderaient cet assassinat politique comme un simple cas criminel. Alors que les médias abondent de faits troublants : deux des inculpés, arrêtés et relâchés il y a deux ans, auraient été des informateurs de la police, la Sécurité à Ankara aurait été informée d'un projet d'assassiner Hrant Dink, etc.

Tout ceci a relancé le débat sur "l'Etat profond" - dont le premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, a, à son tour, reconnu, dimanche 28 janvier, l'existence, le définissant comme "des gangs au sein d'institutions d'Etat" contre lesquels le gouvernement a des moyens limités mais qu'il faut "réussir à minimiser et, si possible, éliminer". Le renvoi du gouverneur et du chef de la police de Trabzon n'est qu'un premier pas dans l'enquête sur le meurtre de Hrant Dink, qui sera menée à son terme, a promis M. Erdogan.

Le Monde - Sophie Shihab

Par Famagouste - Publié dans : Dans la presse
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